L’artiste Emma Kohlmann, basée au Massachusetts, explore une vaste gamme de médiums, du dessin aux zines en passant par l’art numérique, l’écriture et les livres. Ses peintures sont connues pour leur résonance puissante, trouvant un équilibre entre une séduction visuelle et une signification conceptuelle profonde. L’imprévisibilité de l’aquarelle, combinée aux riches tons noirs de l’encre Sumi, est devenue la signature du travail de Kohlmann.

L’abstraction était pour moi le moyen de corrompre les tropes traditionnels du désir sexuel
Emma Kohlmann
À travers ses lavis fluides et ses effets de diffusion, Kohlmann aborde le canon occidental de l’histoire de l’art avec audace. Elle dénude les couches de tradition, révélant la brutalité sous-jacente, en défiant particulièrement le regard masculin conventionnel. Son travail aborde des sujets souvent tabous tels que le genre, les enjeux sociétaux, et les complexités de la sexualité et de la sensualité. Kohlmann donne vie à ses critiques sur toile et papier avec une honnêteté sans concession. Ses dégradés délicats et ses teintes intenses, soulignés par des touches d’encre, animent ses figures dans une danse qui semble à la fois éthérée et ancrée, comme sorties d’une vision alchimique.
Ces figures, souvent rendues dans un rouge sensuel, évoquent un soupçon de portraiture historique tout en restant minimalistes, plus suggestion que détail. Elles flottent entre réalité et imagination, reflétant la fluidité et l’ambiguïté de la forme humaine. Le travail de Kohlmann invite les spectateurs à explorer la nature fluide du genre et l’essence de ce que signifie être humain.
L’art de Kohlmann déconstruit l’imagerie traditionnelle, mettant en lumière les politiques inhérentes au corps. Comme elle le dit elle-même, « Le corps est politique. Certains aspects sont visibles, d’autres cachés. Certains sont célébrés, d’autres effacés. Je veux que tout soit reconnu. » Cette perspective ajoute des couches de complexité à son œuvre, où chaque trait, chaque marque, chaque choix de couleur est une allusion délibérée à la nature multifacette de la forme humaine.
Son utilisation de l’aquarelle et de l’encre capture l’immédiateté et l’imprévisibilité de la vie, avec des figures qui se fondent les unes dans les autres, jamais rigides ni définitives. Cette technique souligne la nature fluide et en perpétuelle évolution de l’identité, du genre et de la société elle-même.
Le travail de Kohlmann plonge dans les couches complexes de l’humanité, reflétant la tension entre progrès et régression. Ses pièces servent de catalyseur pour l’introspection et la discussion, invitant les spectateurs à plonger au cœur des concepts qu’elle présente.
Au cours de la dernière décennie, Kohlmann a été remarquablement prolifique, un parcours désormais capturé dans son premier ouvrage monographique, Watercolors, qui couvre son travail de 2011 à 2021. Nous avons récemment eu l’occasion de nous asseoir avec Kohlmann, suite à la sortie de son nouveau livre, pour discuter de ses inspirations, de sa pratique artistique, et plus encore.
Emma Kohlmann: Watercolors est disponible à l’achat chez Anthology Editions.
©2024 Emma Kohlmann

Rédacteur collaborateur qui chronique le joyeux chaos de l’art contemporain — quand il peut s’y rendre. Survit grâce aux vernissages, aux opinions, une galerie, une œuvre à la fois. Considère l’espresso comme un repas.



