À partir de janvier 2026, le restaurant londonien renforce sa tradition de collaborations culturelles en s’associant à Sketch et en invitant les sculptures contemporaines de Jonathan Baldock à bousculer et à animer la salle avec la même intensité
En ouverture en janvier 2026, sketch dévoilera une nouvelle intervention artistique de Jonathan Baldock, faisant dialoguer sa sculpture contemporaine avec la lumineuse Gallery jaune d’India Mahdavi. L’installation prolonge l’engagement de longue date du lieu à considérer le restaurant non comme un simple décor, mais comme une œuvre vivante, transformée au fil de chaque collaboration culturelle.
Baldock s’inscrit dans une lignée de collaborateurs de tout premier plan, parmi lesquels David Shrigley, Yinka Shonibare CBE RA et Martin Creed. Son nouvel accrochage introduit un mélange singulier d’artisanat et de comédie, porté par une palette qui tranche nettement avec l’intérieur iconique de Mahdavi : touches espiègles de rose, surfaces tactiles, formes à la fois faites main et théâtralement mises en scène.
Depuis que sketch a été imaginé en 2002, le lieu fonctionne comme un carnet de croquis d’artiste exposé au regard du public. L’espace est pensé pour rester en mouvement, se renouvelant à chaque nouvelle commande tout en conservant un langage esthétique reconnaissable. L’installation de Baldock s’appuie sur cet esprit avec une présentation immersive à travers le restaurant Gallery, élargissant le registre sensoriel de la salle sans en altérer la justesse.

Masques
Au cœur de l’installation, une présentation de 84 œuvres de la série Maske de Baldock encercle les murs. Disposés en une configuration continue et décalée, les masques instaurent un rythme visuel qui maintient le regard en mouvement, transformant la pièce en une sorte de procession.
De près, les surfaces récompensent l’attention. Des nappes d’argile ondulées évoquent des plis de peau, tandis que des creux sculptés et des volumes en saillie suggèrent yeux, oreilles et narines. Certains masques se lisent comme des signaux émotionnels nets ; d’autres se retiennent, ne livrant qu’un soupçon de caractère. Les tempéraments varient au gré des expérimentations céramiques de Baldock : argiles colorées, émaux posés avec une approche picturale, cuissons à différentes températures, produisant des finitions lustrées, des textures granuleuses et des tonalités terreuses, mélancoliques.

Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la
Stephen Friedman Gallery.
Photo © Mark Reeves, avec l’aimable autorisation de YSP.
Fleurs
Autour du bar, Baldock présente une sélection d’œuvres sculpturales issues de sa série Flowers, tandis que deux pièces supplémentaires accueillent les visiteurs à la réception. Ces œuvres puisent dans l’histoire personnelle de l’artiste, façonnée par sa relation à sa mère et à son jardin, ainsi que par les paysages émotionnels qui continuent d’informer sa pratique.
Ici, les fleurs s’ouvrent en visages et les corolles se métamorphosent en corps, quelque part entre humour et tendresse. Les œuvres portent la théâtralité et la sensibilité camp pour lesquelles Baldock est reconnu : ludiques, expressives, elles ne sont jamais tout à fait ce qu’elles semblent être au premier regard.
Cocons
Suspendues sous le dôme central, des œuvres issues de l’installation Warm Inside introduisent un point focal atmosphérique. Réalisés au terme de procédés exigeants — filage de la laine, teinture végétale, vannerie — les cocons soulignent le lien intime entre corps, matière et geste artisanal. Placés en hauteur, ils déplacent le centre de gravité de la pièce, attirent l’attention vers le haut et modifient la manière dont la Gallery se ressent autant qu’elle se voit. En s’inscrivant, au sens littéral, dans une tradition millénaire, Baldock place ces formes dans un dialogue cyclique entre techniques anciennes, mémoire personnelle et sculpture contemporaine.

Photo de Leon Foggitt
L’ensemble du nouvel accrochage honore le cadre conçu par Mahdavi tout en élargissant le registre émotionnel du lieu, renforçant la réputation de sketch comme l’un des premiers restaurants à considérer l’intervention artistique comme une pratique culturelle sérieuse et évolutive. Une résonance discrète traverse les méthodes de travail de Baldock. Les pièces Maske sont réalisées sans aucun carnet de croquis, selon un processus généralement intuitif guidé par l’instinct, tandis que les fleurs et les cocons prennent naissance sous forme de dessins. Cet équilibre entre spontanéité et préparation fait écho au caractère même de sketch : un endroit où l’imprévu et le minutieusement conçu coexistent, évoluant en temps réel comme les pages d’un carnet vivant.
Mourad Mazouz, propriétaire de sketch, déclare : « Je suis heureux de dévoiler ce nouveau chapitre de la Gallery, créé avec Jonathan. Chez sketch, j’ai toujours tenu à soutenir les artistes britanniques, en leur offrant l’espace nécessaire pour expérimenter, provoquer et inspirer. Cette nouvelle évolution prolonge cet esprit, et je suis impatient de la partager. »
Jonathan Baldock ajoute : « Je suis reconnaissant d’avoir l’occasion d’exposer mon travail au restaurant sketch, en marchant dans les pas d’artistes que j’admire. Je suis fan de sketch depuis ma première visite au début de ma vingtaine, et je me réjouis de faire partie de son héritage en devenir.
©2026 Jonathan Baldock, sketch

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